Dans la reproduction assistée , l'étude du microbiote progresse rapidement et ouvre de nouvelles pistes de connaissance. Chaque recherche apporte des éléments précieux sur la façon dont les bactéries présentes dans l'intestin, le vagin ou l'endomètre pourraient être liées à différents processus reproductifs.
En même temps, des termes comme dysbiose, probiotiques spécifiques ou régimes alimentaires pour « réguler » le microbiote se sont largement popularisés. Cependant, ces termes ont souvent tendance à simplifier à l'excès un domaine qui reste complexe et en constante évolution. Il est donc important d'interpréter ces informations avec prudence et toujours à partir des données scientifiques disponibles.
Certaines des idées les plus répandues dans ce domaine sont :
1. “Les probiotiques améliorent l'implantation embryonnaire”
Le rôle du microbiote dans des aspects importants de la santé reproductive —comme l'inflammation endométriale ou la réceptivité endométriale— est un domaine très prometteur et en pleine évolution. Cependant, avec les données actuelles, nous ne pouvons pas affirmer que la prise d'un probiotique spécifique améliore l'implantation de manière généralisée.
L'approche clinique du microbiote nécessite toujours une évaluation individuelle, des tests appropriés et un plan personnalisé conçu par des professionnels spécialisés, afin de déterminer si un probiotique peut être réellement utile dans chaque cas.
2. “Manger certains aliments peut équilibrer votre microbiote et vous aider à tomber enceinte”
Suivre une alimentation saine est bénéfique pour la santé générale, y compris la santé reproductive. Une bonne alimentation est importante pour la santé globale et peut influencer indirectement le bien-être reproductif. Cependant, les preuves scientifiques disponibles ne démontrent pas qu'un aliment isolé puisse modifier spécifiquement le microbiote vaginal ou endométrial dans le but d'améliorer la fertilité.
Le lien entre alimentation et microbiote implique de multiples facteurs —nutritionnels, métaboliques, immunologiques et hormonaux— qui sont encore en cours de recherche. Par conséquent, toute intervention diététique à des fins reproductives doit être envisagée de manière globale, dans le cadre d'un mode de vie sain et, le cas échéant, sous l'orientation de professionnels spécialisés en nutrition et santé reproductive.
3. “Si vous avez une dysbiose, vous ne pourrez pas tomber enceinte”
Le terme dysbiose est de plus en plus utilisé, bien qu'il ne soit pas toujours employé avec un sens clair ou uniforme.
La fertilité dépend de nombreux facteurs : l'âge, la réserve ovarienne , la qualité du sperme, la santé de l'endomètre et d'autres facteurs génétiques et physiologiques. Le microbiote n'est qu'une pièce supplémentaire de ce puzzle.
Par conséquent, un résultat indiquant un microbiote « non idéal » ne détermine pas à lui seul la possibilité de grossesse. Ce qui importe, c'est d'interpréter cette information dans le contexte global de chaque patiente.
4. “Il est impératif de faire un test de microbiote avant de commencer un traitement de FIV”
Le terme dysbiose s'est popularisé, bien qu'il ne soit pas toujours utilisé avec un sens précis ou uniforme. En réalité, la fertilité est un processus multifactoriel qui implique l'âge, la réserve ovarienne, la qualité du sperme, la santé de l'endomètre, la génétique et de nombreux autres facteurs. Le microbiote est une pièce supplémentaire de ce puzzle, et non un indicateur isolé qui détermine le pronostic.
Par conséquent, un résultat suggérant un microbiote « non optimal » n'implique pas qu'une grossesse ne puisse pas être obtenue. Ce qui est véritablement important, c'est d'interpréter cette découverte dans le contexte clinique complet de chaque patiente, avec une approche individualisée et basée sur des preuves.
5. “Le microbiote explique tous les échecs d'implantation”
Bien que certaines recherches suggèrent que le microbiote pourrait être lié à certains processus reproductifs, il n'est pas encore clair si ses variations sont une cause, une conséquence ou simplement une découverte supplémentaire dans un tableau complexe. Les échecs d'implantation peuvent avoir de multiples origines —embryonnaires, utérines, immunologiques, génétiques ou liées à l'âge— et nécessitent une évaluation complète.
L'étude du microbiote est un domaine en pleine évolution, avec des progrès prometteurs et de nombreuses questions encore sans réponse. À Barcelona IVF, nous suivons cette évolution avec une communication claire, proche et fondée sur des preuves, afin que chaque patiente puisse prendre des décisions éclairées, avec sérénité et confiance. La science progresse, et nous progressons avec elle : de manière responsable, étape par étape, en mettant toujours les personnes au centre de tout notre travail.
Dr. Cristina Guix
Spécialiste en fertilité chez Barcelona IVF